•  Il n’est pas question de retracer l’histoire de la ville :Il est des historiens qui s’y sont employés mieux que ce que je ne saurais le faire moi-même qui ne suis pas historien,  loin s’en faut !
       Il s’agit plutôt de donner ici, au Bridgeur de passage à Limoges, des clés de décryptage que j’ai pu découvrir au fil de
       mes lectures… et de permettre de mieux comprendre la ville lorsque l'on y flâne.

    Commençons à l’époque gallo-romaine : Limoges alias Augustoritum (le gué d’Auguste) était une des cités les plus
        importantes de l’empire. Elle était presque aussi étendue que l’intra-muros actuel
    . Si le jardin d’Orsay est aussi
         surélevé qu’il apparait de la place Winston Churchill, c’est qu’il dispose pour socle  des fondements des
          arènes  de l’ancienne cité. Donc de là, la ville s’étendait jusqu’à la Vienne. Des fouilles récentes pour
        l’extension du Musée des Beaux-Arts du Limousin ont permis de découvrir des vestiges et d’identifier là,
        l’emplacement des thermes  de  la Cité…
               
    Vinrent ensuite les invasions barbares qui détruisirent totalement la ville. Habitants trucidés ou réfugiés dans
         les campagnes, la ville fut vouée à l’abandon. L’emplacement de la ville ravagée et désertifiée laissa place à des
         ruines, la végétation reprit le dessus.
                
    Il fallut attendre le haut moyen-âge pour revoir apparaître trace de vie sur ce lieu. Hasard des disponibilités de
        pierrailles vestiges de l’ancienne cité, ou calculs plus stratégiques des emplacements permettant  des contrôles, la
        sécurité et les voies de communications ? La vie reprit autour de deux pôles : Le Puy St Etienne d’abord, et plus
        haut encore du côté de l’emplacement actuel de l’église St Pierre des lions.
                 Au fil du temps, ce sont deux bourgades qui virent le jour.  Aux quelques bâtisses, s’en sont agglomérées
        d’autres autour desquelles des palissades fortifiées se sont érigées.  A chaque bourgade sa fortification ! 
                C
    onforter encore les défenses devint nécessaire. Autour de chaque agglomération des remparts virent le jour :

    Les deux Limoges étaient nées.
                
               
    Faisons bref : Au XIIème siècle, la situation est campée :

              La ville haute : « Le Château »,  gardienne du tombeau de St Martial (évangélisateur de la région et premier Evêque de Limoges), est le siège du Vicomte de Limoges qui y avait bâti son premier castrum. Si vous passez à côté des halles, vous allez traverser une place : la Place de la Motte (La Motte médiévale…)

             La ville basse : « La Cité » est régie par un consulat d’échevins sous la houlette de l’Evêque de Limoges.

            A l’initiative du Château qui construisit le premier pont sur la Vienne à l’emplacement du gué (le pont St Martial – toujours debout), la Cité répondit par la construction du sien : le pont St Etienne (tout aussi vaillant).
    Bien sûr, chacun n’allait pas dormir avec son pont… Ils étaient accessibles par tous… Mais qui détient le pont, détient le contrôle… et le bénéfice de l’octroi…

    Il est curieux de savoir comment vécurent les deux Limoges. Un mode parfois sanglant...

     Il apparaît qu’à chaque fois qu’une ville prenait le parti d’une option, l’autre ville tombait dans l’option opposée !Les hiérarques externes en ont joué : Prenant le parti d’une ville, ils confortaient ainsi l’assujettissement de cette dernière et bannissait l’autre pour mieux la réduire… Le bénef est double…

               Illustrons : le XIIème siècle par exemple : La Cité regarde vers la France. Le Château est tenu par le Vicomte de Limoges qui est vassal des Ducs d’Aquitaine. Or, Aliénor d’Aquitaine répudiée par le Roi de France, convole en justes noces avec le Roi d’Angleterre et apporte sa terre à la perfide Albion. Le Vicomte de Limoges rend donc son hommage à l’Angleterre ! Passons sur les massacres des tenants de La Cité, perpétrées par le  Prince Noir…

               Encore un exemple : Guerres de religion : Le vicomte est ouvert à la tolérance envers les réformistes protestants, et à Henri IV. Bien que les guerres de religion eurent peu d’impact en Limousin, la Ligue s’appuya  sur La Cité pour conquérir Le Château (sans succès). Mais au XVIIème siècle l’activisme de la contre-réforme à Limoges fit prospérer La Cité qui rattrapa son retard par rapport au Château très convoité.

       La réunion des deux Limoges est relativement récente, puisqu’elle date de la Révolution Française !

              Il se dit que l’Hotel de Ville est construit sur l’emplacement du Forum d’Augustoritum, ça c’est le symbole. La motivation non dite c’est qu’il est bâti… entre les deux anciennes villes… qui sont maintenant unies.

    Unies bien sûr !

     Un observateur neutre constatera qu’un club de bridge s’implante dans la ville haute… l’autre dans la ville basse…

           Bien sûr, nous ne sommes plus aux temps où la Duchesse d'Aquitaine recevait l'hommage du Vicomte de la ville haute, ou y adoubait quelque preux chevaliers fustigeant implicitement les autres de la ville basse! Mais au passage, le calcul politique était-il bon ? bon à faire naître de la défiance envers la couronne oui.. Défiance qui trouvera son épilogue peu de temps après, dans les fossés de Chalus (*)...

     

    (*) Château médiéval de Chalus: L'histoire a retenu que Richard Cœur de Lion (fils d'Aliénor d'Aquitaine) en
    avait dressé le siège (tiens tiens... Un vassal dissident?). Richard fut touché par un trait d'arbalette tiré de ses tours.
    Il en mourut quelques jours après s'être éloigné de ce funeste endroit (on retrouve son gisant à l'Abbaye de Fontevrault).


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  • "L'oeuvre de Limoges" est le vocable couramment utilisé pour désigner dans les arts du feu, le premier d'entre eux, celui de l'émail:

    La Châsse d'Ambazac d'abord est un trésor ancien (fin XIIè-début XIIIème Siècle). Ce qu'elle a de séduisant, c'est qu'elle dispose d'une certaine grâce alliée à une symbolique sans ambages. Bien sûr on retrouvera plus tard, jusqu'à la période baroque & rococo, des reliquaires plus richement décorés (pas nécessairement plus beaux), mais si l'on se replace dans le contexte médiéval, elle fait figure parmi ses contemporaines de grande élégance de style.

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges"

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges"

     

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges"

     

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges"

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges". Mais aussi une truculente histoire

     

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges". Mais aussi une truculente histoire

    La Châsse d'Ambazac: Un pur produit historique de "l'Oeuvre de Limoges". Mais aussi une truculente histoire


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